L’informatique existe depuis relativement longtemps mais a connu une percée tellement fulgurante dans les 20 dernières années que les formations n’ont pas nécessairement suivi le cours normal des choses. En effet, de manière générale, une profession sera tranquillement définie et encadrée par des ordres et des régulations au fur et à mesure que celle-ci progresse. Tel n’a pas été le cas de l’informatique. La demande a été tellement forte que n’importe qui pouvait (et peut encore) s’improviser informaticien sans formation quelconque.

Est-ce un problème? Pas nécessairement. Il vaut toutefois la peine de bien comprendre la différence entre les différents formations pour savoir ce qu’elles peuvent apporter.

 1- L’ingénierie informatique

L’ingénieur informatique détient au moins un baccalauréat en ingénierie. L’ingénieur apprendra bien plus que l’informatique. En fait un ingénieur apprend à résoudre des problèmes du mieux qu’il peut en fonction des moyens dont il dispose.  Il verra un grand nombre de disciplines qu’il n’aura peut être jamais à appliquer dans son travail.

L’ingénieur a également une responsabilité civile et déontologique telle que spécifiée par son ordre professionnel.

En pratique l’ingénieur sortira avec des connaissances de bases en programmation ou dans différents aspects informatiques, mais aura surtout compris et appris comment approcher un problème informatique et le résoudre du mieux qu’il peut en fonction de la situation donnée: contexte économique, échéancier, collaborateurs, etc. La méthodologie prévaut sur la connaissance des outils.

2- Le bacc informatique

Un tel bacc est plus axée sur la l’application pratique. Par exemple, pour le logiciel, le bacc va enseigner plusieurs langages de programmation, les différents métiers informatiques et leurs relations (assurance qualité, développement, support, architecture, etc.).

Le diplômé informatique universitaire a donc tous les outils pour être un excellent programmeur. Il comprend différents langages de programmation et sait comment les appliquer en entreprise.

3- La technique informatique

Cette formation permet à l’informaticien d’apprendre les bases de l’informatique en moins de temps.

Généralement un technicien informatique sortant directement du cégep aura toutes les connaissances nécessaires pour attaquer un secteur bien précis (ex: multimédia, assurance qualité, programmation java, etc.). Il aura toutefois moins de connaissances générales des autres secteurs de l’informatique et de leurs liens les uns avec les autres. Il aura également moins de connaissances dans les métiers entourant le sien.

4-Le certificat informatique

Le détenteur d’une certificat a généralement appris une portion très précise du métier informatique. Ce sera par exemple Gestionnaire de Projet Professionnel, Professionel de sécurité informatique, Professionnel de l’infonuagique, etc. Dépendamment du type d’emploi, ceci peut être amplement suffisant si l’emploi ne requiert que cette capacité ou si cette formation vient complémenter d’autres connaissances.

5- L’apprentissage autonome

C’est une façon mignonne de dire autodidacte. Celui qui s’enseigne lui-même n’a pas de formation homologué mais il a appris soit par des formations en ligne, soit par des livres ou carrément en entreprise.

Chaque formation a sa raison d’être. Mon rôle n’est pas de dire quelle formation est meilleure qu’une autre. Ça dépend beaucoup plus du désir/besoin de l’informaticien et de son employeur. Quelqu’un de très spécialisé pourra facilement se satisfaire d’un diplôme du cégep ou encore d’une certificat informatique. Quelqu’un qui souhaite toucher à plusieurs portions de l’informatique pourra aller chercher un diplôme universitaire alors que quelqu’un qui cherche à diriger et à prendre des responsabilités plus accrues pourra se diriger vers l’ingénierie. Du point de vue de l’employeur la formation est surtout pertinente dans les premières années d’expérience d’un informaticien. Dépendamment du poste que l’on veut combler, on joue les probabilités en prenant quelqu’un qui a une formation versus quelqu’un qui n’en a pas.

Ceci dit, tout ceci est théorique. En pratique j’ai vu des ingénieurs d’une grande incompétence comme j’ai vu des autodidactes faire partie des informaticiens les plus brillants et les mieux structurés. De mon côté j’ai appris à évaluer les informaticiens par leurs capacités pratiques et non leurs formations théoriques.

Je ne cacherai pas qu’en général je trouve que les ingénieurs et diplômés du bacc ont une meilleure structure et une meilleure approche organisationnelle qu’un autodidacte par exemple. Celui-ci viendra très souvent à bout d’un problème mais au coût de développer un produit qui est difficile à maintenir et qui ne tiendra pas nécessairement la route à moyen ou long terme. Il m’est arrivé maintes fois de refuser des reprises de mandats de clients potentiels simplement parce que le développeur précédent qui n’avait pas une structure appropriée, a fait un travail « irrécupérable ». Ceci dit, il s’agit ici de généralisations….

Selon moi, la formation nous donnera un bon indice sur le dévouement, la structure et la capacité à s’adapter du candidat. Ceci dit, on finit tous par apprendre bien plus sur le marché du travail que par nos formations. C’est pourquoi il faut trouver des moyens de juger l’individu et ses expériences plutôt qu’uniquement sa formation…