Le fait d’externaliser du développement en soit n’est pas mauvais. Une petite entreprise ne voudra pas nécessairement ajouter un département informatique à son entreprise puisque celui-ci représentera des coûts majeurs et ne cadre pas nécessairement dans le cadre des activités de celle-ci. Toutefois, entre externaliser localement et à l’étranger, quelle solution sera la plus efficace et économique?

Il faut comprendre que le développement logiciel ne consiste pas simplement à de la programmation. Si tel était le cas, l’infogérance outre mer paraîtrait déjà beaucoup plus intéressante. De mon côté, il y a 3 raisons principales qui font en sorte que je n’adhère pas à l’infogérance outre-mer (bien que maintes occasions se sont présentées):

1. Une gestion accrue

Dans tout projet informatique le principal défi est de bien cerner les besoins du client et de s’assurer, par de la gestion de projet efficace, que ses besoins soient convertis dans un logiciel répondant parfaitement à ses désirs. La réalité est que la difficulté de la réalisation de cette tâche est proportionnellement relative à la distance des intervenants. Si les gestionnaires, les clients et les programmeurs peuvent être autour de la même table régulièrement, il y a moins de chance qu’une perte d’information se produise en cours de projet (comme illustré à la l’image 1). Il n’est pas impossible de gérer un projet logiciel de manière efficace à distance, mais il faut doubler, voire tripler les efforts pour s’assurer de bien guider l’équipe de programmation.

2. L’assurance qualité

L’équipe d’assurance qualité se doit de découvrir les failles d’un logiciel, de les transmettre à l’équipe de développement et, une fois corrigées, de valider les corrections.  Ce processus, bien que simple, peut être très long si l’équipe d’assurance qualité ne peut communiquer directement avec l’équipe de programmation.  Avec les décalages horaire et les barrières de langue, ceci peut s’avérer difficile dans un contexte d’infogérance outre-mer.

3. Le temps de réponse

Un des plus gros désavantages de l’infogérance logicielle outre-mer est le décalage horaire. Imaginez qu’un problème majeur du logiciel bloque vos opérations. Vous devrez contacter l’équipe de développement, lui demander de vous envoyer la correction et l’installer.  Si l’équipe est à distance, vous aurez généralement au moins 1 ou 2 jours de délai à votre requête.  Pour contrer cette problématique, les entreprises utilisant des services d’infogérance outre-mer vont souvent mettre en place une équipe de support pour les problèmes à l’interne ou par de l’infogérance locale. Ceci implique d’avoir 2 équipes s’appropriant le code: l’équipe à l’étranger et l’équipe local. La logistique est loin d’être facile à gérer.

Ne vous méprenez pas, il y a certaines compagnies qui réussissent à profiter de l’infogérance outre-mer. Toutefois, je ne connais personne qui a réussit à mettre cette procédure en place sans grandes difficultés et en ne faisant pas de compromis importants.  D’autre part, ceux-ci ont souvent dû intégrer une équipe localement et une équipe outre-mer pour combler les problèmes de temps de réponses. Pour ce faire, il faut avoir les reins solides et, généralement, ce ne seront que les grandes entreprises qui sauront en profiter.  Celles-ci vous diront d’ailleurs que les coûts sauvés ne sont pas aussi impressionnants qu’ils puissent le paraître initialement : d’un côté on économise sur les coûts de programmation mais d’un autre on augmente les coûts de gestion, de support et de communication.
Vous remarquerez que dans cet article je n’ai pas parlé de la qualité des logiciels et du code et, ce, bien que ce soit un des points négatifs les plus souvent mentionné face à l’infogérance outre-mer.  La raison pour laquelle je n’en parle pas est que j’ai vu beaucoup de compagnies locales développer des applications de piètre qualité. Je ne crois pas que l’infogérance outre mer soit automatiquement synonyme de mauvaise qualité.
Mon opinion personnelle est que la gestion de projet logiciel est souvent trop importante et nuit à la flexibilité et le dynamisme d’une compagnie informatique. Pour cette raison, je ne crois pas que l’infogérance outre-mer soit profitable et, ce, même si certains coûts peuvent être économisés à court terme.  À moyen terme, ces coûts de développement économisés seront rapidement rattrapés par des coûts de support et de gestion accrue.